-->

Après l'accident du "Lionel de Marmier" - La Revue Aéronautique - Décembre 1945

Le Lionel-de-Marmier échoué sur la lagune de Rochas.

La cabine tragique avant et après l'accident.
L'hélice a tranché le fuselage juste entre la flottaison
et les tansmissions des commandes
Le commandant Lefèvre, parti dans la mission d'étude sur le Lionel-de-Marmier, et de retour de Montévidéo, a fait, le mercredi 14 novembre à 15 heures, une conférence de presse au Ministère de l'Information.
Il a relaté, en détails, l'historique des essais du Lionel-de-Marmier, le voyage et enfin l'accident lui-même.
L'orateur a particulièrement souligné, en conclusion, la catastrophe qu'eût été un pareil accident sur n'importe quel autre appareil que le "Lionel-de-Marmier".
Il a ajouté : "Je suis revenu de Rio de Janeiro avec l'avion du général de Gaulle, l'Avro York, qui possède des moteurs de même puissance que le Laté 631, soit 4 moteurs de 1.600 chevaux, alors que le Lionel-de-Marmier est équipé de 6 moteurs. Le poids en charge du York atteint, je crois, 40 tonnes, tandis que le Laté 631 est de 72 tonnes. Eh bien ! je ne pouvais m'empêcher de penser tout au long du vol qui me ramenait vers Paris, à ce qu'il arriverait si une pale d'hélice se détachait : le fuselage serait infailliblement coupé en deux, la chute brutale s'ensuivrait, avec la perte de tous les passagers ! Ces derniers, d'ailleurs, faisaient des
réflexions identiques et des comparaisons favorables pour le Lionel-de-Marmier, plus rapide, plus confortable et moins bruyant".
Voici à propos de cet accident, une information sur laquelle la presse américaine s'est bien gardée d'insister et pour laquelle elle n'a pas mis en cause le département de la Marine :
Les essais du Martin-Mars, hydravion quadrimoteur de 67.420 kgs, ont commencé vers fin novembre 1941, mais le 6 décembre, une des pales d'hélice du moteur intérieur droit s'est détachée pendant que l'appareil hydroplanait pour prendre sa position de départ et est venue percer le fuselage, blessant un homme. L'hélice, déséquilibrée, a provoqué l'arrachement du moteur de son bâti et le feu dans le moteur et le fuseau-moteur. L'aile et une partie du fuselage ont été détériorées.
L'avion a été échoué le long d'un chenal pour permettre d'éteindre l'incendie.
La cause de la rupture de l'hélice n'a pas été publiée.